Ze Big Trip

La vie est un voyage

Sirop d’érable, feuilles rouges, grandes marées et homard en Acadie

17 mars 2011

L’Acadie, c’est la Nouvelle France : le territoire occupé par les colons venus du Royaume de France au XVIIème siècle et qui couvre une partie des provinces du Québec et du Nouveau Brunswick.
Avec beaucoup de retard (c’était en octobre !), voici la dernière étape de notre voyage sur la cote Est du Canada : visite de la ville de Québec, de la vallée du fleuve Saint Jean et de la baie de Fundy !

Après avoir loué une voiture à l’aéroport de Montréal, on a pris la route vers le Nord, direction la ville de Québec !

Située au bord du fleuve Saint Laurent, la ville est dominée par le château de Frontenac… et par les bateaux de croisière qui s’y arrêtent périodiquement!

On est donc allé se ballader dans le quartier historique de la ville

Tous les habitants d’Amérique du Nord vous le diront : le vieux Québec est le quartier le plus européen du continent !

Bon c’est pas Paris, mais c’est vrai qu’on se croirait à Saint Malo avec les maisons en pierre et les toits d’ardoise

Ce n’est pas étonnant puisque Jacques Cartier était un Malouin ! Et le sommet de la colline conserve les traces des défenses de l’ancienne colonie française

Mais bon ça reste l’Amérique du Nord quand même :-)

Après avoir grimpé le fameux “escalier casse-cou” (c’est son nom !)…

… on est allé au sommet de la citadelle pour avoir une vue d’ensemble… malheureusement on n’a pas vraiment eu beau temps lors de notre visite !

Plutôt que de passer l’après-midi dehors sous la pluie, on est donc allé visiter le musée du Sirop d’érable

En fait, c’est plutôt un magasin déguisé en musée et on a donc pu goûter quelques dérivés d’érable en guise d’apéritif…

… suivi par une autre spécialité locale : la poutine comme plat principal…

… et une “queue de castor” pour le dessert !

Le temps n’était toujours pas de la partie…

Mais on a traversé quelques sympathiques villages sur la route vers la province voisine du Nouveau Brunswick…

… avec des noms qui défient parfois l’imagination !

Ce soir-là, on a dormi dans la voiture sur une aire de repos au bord de l’autoroute

Le début du mois d’octobre est le moment idéal pour traverser la région car les feuilles des arbres prennent des couleurs chatoyantes : on a vu nos premières feuilles rouges ce soir-là…

Et le lendemain on est donc parti dans les chemins de campagne pour trouver un bon point de vue pour prendre une photo de la forêt rouge !

On a commencé par se perdre un peu…

Mais on a finalement trouvé un endroit d’où on pouvait voir la forêt s’étaler devant nos yeux, comme une mosaïque qui mélange les tons rouge, jaune et vert

J’avais vraiment l’impression d’avoir un tapis moletonné tout rouge devant les yeux !

Puis on a finalement atteint la province du Nouveau Brunswick – seule province officiellement bilingue du Canada, tous les panneaux routiers apparaissent donc en anglais et en français… mieux vaut laisser la priorité au caribou !

Cette région est célèbre pour ses nombreux ponts couverts ; ici celui de Florenceville…

et ici celui de Hartland, le plus long du monde avec 390 mètres !

Ces ponts sont toujours utilisés pour la circulation automobile en dépit de leur grand âge

Puis on est enfin arrivé dans la ville de Fredericton ; c’est là qu’habite Jim, le grand-père de Kath

Située au bord du fleuve St Jean (“St John River”), Fredericton doit son expansion à la construction de cette cathédrale vers 1850

En effet, c’est à cause d’elle que Fredericton est devenue capitale du Nouveau Brunswick (et non pas la ville de St John comme prévu, en raison de sa proximité avec les Etats-Unis qui était un pays ennemi à l’époque)

Le centre-ville de Fredericton est peuplé de petites maisons bien sympathiques, aujourd’hui largement occupées par les bureaux et autres professions libérales, mais certaines encore habitées

Et on y trouve aussi les anciens quartiers militaires de la garnison de la couronne

Et chaque samedi, le marché anime le centre-ville, avec certains stands dans un grand hall…

… et d’autres dehors, avec par exemple les Amish qui proposent leurs légumes

et on y mange…

… beaucoup !

… dont les fameux samosas que toute la famille vous recommande ;-)

Le sirop d’érable (sous toutes ses formes) fait partie des spécialités locales…

… avec quelques petits producteurs qui profitent du marché pour écouler leurs stocks avant l’hiver

Les pommes sont aussi beaucoup cultivées dans les environs…

… et il est donc possible d’obtenir de l’excellent jus de pomme en cette saison !

Après cette étape culinaire, on a repris la route pour aller à St Andrews, sur la côte Atlantique au sud de la baie de Fundy

Notre objectif initial était d’aller observer les baleines en mer, malheureusement le temps ne le permettait pas, on s’est donc rabattus sur les mammifères terrestres qu’on a pu trouver ;-)

Là aussi, les forts placés face à la mer nous rappellent le passé conflictuel de cette région entre le Canada, encore colonie britannique à l’époque, et les indépendants Etats-Unis

Aujourd’hui, St Andrews est une petite bourgade et profite des baleines et de son style “petit village de pêche” pour attirer les touristes

Mais nous avions une autre raison de venir à St Andrews : le monument aux morts. En effet, durant la second guerre mondiale, la grand-mère de Kath a fait partie des enfants évacués d’Angleterre vers le Canada, et a donc grandi dans ce village.

Elle fut accueillie par la famille du révérend Humphrys, dont le fils est par la suite mort au champ d’honneur. C’est en sa mémoire que le père de Kath a été nommé Noel, comme en témoigne la plaque du monument.

En dehors de la saison touristique, le village est essentiellement habité par… des églises !

Il y en a honnêtement à tous les coins de rue…

… bien souvent avec un petit cimetière attenant

Puis on a remonté la côte jusqu’à la ville de Saint John, la plus grande de la province

Ici, c’est plutôt un passé industriel qui transparaît dans l’architecture

Au coeur de la ville, on trouve un parc surprenant puisqu’il s’agit en fait de l’ancien cimetière qui avait été laissé à l’abandon mais qui offre aujourd’hui un agréable lieu de promenade !

A proximité se trouve le marché couvert de la ville

C’est là qu’on a vu notre premier (mais pas notre dernier) drapeau Acadien

Parmi les spécialités locales, citons simplement le “dulse” : des algues séchées au goût très prononcé !

Une autre bizarreté de Saint John, ce sont les chutes réversibles :

Alors c’est vrai que c’est pas très impressionant vu comme ça, mais il faut savoir que l’embouchure de la rivière se trouve sur la droite, mais que la rivière s’écoule vers la gauche en raison de la marée montante, ce qui crée ces remoux dans le mauvais sens toutes les 12 heures. D’où le terme “chutes réversibles”…

On a ensuite remonté le fleuve St John ; à certains endroits la route s’arrête au bord de l’eau et il faut alors embarquer sur un “ferry cablé” pour traverser la rivière et poursuivre sa route

Ces ferrys sont presque tous gratuits, mais parfois on est un peu mouillé par le mauvais temps !

Avant de poursuivre à travers la campagne du Nouveau Brunswick…

… jusqu’à la ville de Moncton où nous attendait un autre phénomène naturel : la colline magnétique ! Notre pilote d’essai, spécialiste de la colline, va vous en faire la démonstration :

Voici la voiture en haut de la colline :

Il faut descendre jusqu’en bas, se mettre au point mort et…. surprise : la voiture remonte d’elle-même la colline à reculons…

… jusqu’en haut !

Bon, désolé si les images ne parlent pas d’elles-mêmes, mais notre petit appareil photo a rendu l’âme au Québec et on ne pouvait donc plus faire de vidéo ! Bref, on est ensuite aller voir la fameuse Baie de Fundy

C’est en effet ici qu’ont lieu les plus importantes marées du monde : plus de 20 mètres de différence entre marée haute et marée basse !

Un peu comme à la baie du Mont St Michel en France, le fond de l’océan est très peu incliné et la marée remonte très vite

A marée basse, les visiteurs peuvent venir déambuler entre les rochers :

Mais 6 heures plus tard il faudra évacuer la zone car seuls les visiteurs en kayak pourront venir ici, tout aura été recouvert par la mer comme le montrent les marques d’érosion sur les rochers :

On est donc allé se balader sur la plage, parmi les algues et les coquillages…

… au milieu des rochers aux formes bizarres taillées par les marées

Puis direction la côte Nord de la province, qui fait face au golfe du fleuve St Laurent

On a décidé de passer la nuit dans cette petite auberge, dans la ville de Shediac

Après une bonne soupe de fruits de mer sur la jetée…

… on est allé sur la plage…

… où les kite-surfeurs profitaient du vent -et du soleil !- pour faire quelques figures

J’ai beaucoup aimé la ville de Shediac, pour 2 raisons : c’est une ville bilingue, et on ne sait jamais dans quelle langue on va parler quand on entre dans un commerce… de toute façon tout le monde parle le français et l’anglais indifféremment. Mais l’autre raison c’est la spécialité locale, rappelée par un monument à l’entrée de la ville : le homard !

Donc ce soir-là, je me suis fait plaisir avec un homard de plus d’1 kg…

… servi avec bavoir et seau pour les déchets, je n’ai rien laissé… la pauvre créature était délicieuse :-)

Le lendemain on est partis vers le Nord en suivant la côte, parsemée de petites communautés parfois anglophones, mais la plupart du temps francophones…

… comme en témoignent les nombreux drapeaux acadiens qu’on a pu voir partout : sur les maisons, en haut des mats et même peints sur les poteaux le long de la route ! Ceci nous rappelle l’héritage de la région : appelée Acadie, ou Nouvelle France, c’est là que sont arrivés les premiers colons du Royaume de France… avant de se faire déloger par les britanniques durant le Grand Dérangement.

La côte est parsemée de bancs de sables qui enferment une partie du littoral

Celui-ci se transforme en une espèce de marais…

… où nichent de nombreux oiseaux pendant la belle saison

Plusieurs sentiers, dont celui de la baie de Bouctouche, permette d’explorer ces zones

On n’est pas allés jusqu’au bout de cette dune, sorte de langue de sable géante, longue de plus de 10 km, qui ferme la baie !

Mais on a pu prendre quelques belles photos de hérons, très nombreux par ici !

Mais notre destination finale était le parc national de Kouchibouguac (bon courage pour le prononcer !)

Dans ce parc altèrnent forêts, lacs et marais ; c’est le territoire des caribous…

… et des ours, comme nous le rappelle ce cadavre de caribou dévoré par l’un d’entre eux

On est ensuite allé dans une autre partie du parc pour rejoindre les terres acides d’une gigantesque tourbière :

L’acidité du sol empêche la plupart des plantes de pousser…

… à tel point qu’en la zone la plus ancienne, au centre de la tourbière, seuls quelques buissons et mousses peuvent pousser…

… mais ces petits buissons offrent un spectacle magnifique !

On aurait aimé rester un peu plus longtemps (malgré l’assaut de milliers de moustiques)…

… notamment pour essayer de voir un des caribous qui fréquentent la zone au coucher du soleil…

… malheureusement on était un peu pris par le temps, et le moment était venu de rentrer à Fredericton, et on a pu voir le coucher de soleil depuis la route…

Le lendemain, je devais prendre la route de bon matin pour retourner (seul) jusqu’à Montreal et prendre l’avion pour rentrer en France. C’était au début du mois d’octobre 2010 ; j’ai depuis obtenu le statut de résident permanent au Canada et j’ai déménagé en Colombie Britannique. Avec Kath, on a décidé de continuer à faire vivre ce blog Ze Big Trip en y publiant nos voyages. Mais je vais créer un autre blog pour parler de mon immigration au Canada – à suivre prochainement !

4 Commentaires pour

“Sirop d’érable, feuilles rouges, grandes marées et homard en Acadie”

  1. Le 17 mars 2011 à 23:10 shigaepouyen a dit:

    Pfff c’est même plus long à ce niveau là !! Heureusement que j’ai 6Go de RAM ;)
    Je like les arbres avec les feuilles rouges !

  2. Le 18 mars 2011 à 11:19 Yvana a dit:

    Coucou,
    Merveilleux partages de photos au goût de découverte et de gaité, de couleurs, d’ambiances. Carnet de bord qui donne l’élan vers d’autres routes. Prunus et arbustes d’ornement sont en fleurs sur Lyon, le printemps est présent, les festivals ouvrent leurs portes, la ville s’anime et la campagne à peine réveillée guette le refroid d’avril et mai.
    En Provence pour quelques jours, je vous envoie la lumière du ciel, ce bleu intense qui nous fait plonger dans l’Univers, l’odeur réveillée des fleurs séchées, le thym sous la rosée, les pieds de vignes tortueux et les rosiers à leurs pieds, les essences de lavande et de romarin, le cricri des grillons … la mer là toute proche avec ses embruns salés, le cri des mouettes, les calanques de Cassis … et la bonne humeur des remparts d’Avignon.
    Bises bises

  3. Le 10 avril 2011 à 10:00 Adeline a dit:

    je ne me lasse pas de revoir les photos: trop chouette là-bas ! En fait tout est fait pour qu’on y aille:
    - vérifier l’histoire du courant inversé
    - vérifier l’histoire de la route que la voiture remonte toute seule à l’envers
    - vérifier qu’il ait bien de gros homards (miam ;) )
    - aller voir ces feuilles rouges et ces mousses trop bizarres…
    - et voir de ses propres yeux les panneaux de ces villes “ha-ha” mdr

    Bizettes

  4. Le 10 avril 2011 à 17:55 cellier a dit:

    Bonjour à tous les deux,

    J’avais un peu de retard pour vous lire mais c’est toujours un plaisir de découvrir avec vous et vos belles photos§

    A trés bientôt en France, dans pas longtemps je crois Bises Martine